| Le 20e siècle... |
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Après des années de croissance durant le 19e siècle, la population de la communauté française de New York commença à décliner au début du 20e. Les commerces et industries qui avaient employé tant de membres de la communauté française commencèrent à quitter New York. Dès son apparition, la prohibition frappa durement le commerce de la restauration française. Pour la première fois, l’immigration en provenance d’ Europe fut largement restreinte par de nouveaux quotas . Comme à l’époque de Louis Rou, plus de 150 ans auparavant, les enfants d’ immigrés francophones s’intégrèrent rapidement, se mariant en dehors de la communauté française, et se joignant aux églises anglophones. M. Wittmeyer fit de son mieux, mais il s’avéra inévitable que la paroisse souffrit de ces tendances. Alfred Wittmeyer prit sa retraite en 1925, un an avant sa mort. Jean A. F. Maynard, de Bergerac, Dordogne en France lui succéda . Eduqué à Paris où il fut ordonné dans l’église méthodiste française, il fut aussi missionnaire en Afrique durant quelques temps. Durant son séjour, on l’ordonna diacre de l’église anglicane. Tout au long de sa vie, sa passion fut l’étude des langues anciennes et modernes du Proche-Orient. Une opportunité dans l’ enseignement et la recherche dans ce domaine le fit venir à Chicago pour un an, puis à New York en 1915. Pendant qu’il enseignait à New York, il prêchat à plusieurs occasions à Saint-Esprit et pu aider M. Wittmeyer de temps en temps. Quand il fut appelé comme recteur en 1925, il était déjà connu de la paroisse. Il devint l’héritier d’une situation difficile. La congrégation était devenue trop petite pour maintenir le bâtiment de l’église qui se trouvait dans la 27e rue. On décida de vendre la propriété et de construire une église plus petite. L’église fut vendue en 1926 et la congrégation déménaga dans l’auditorium de l’Institut Français (French Institute) à la East 60e rue pour ce qu’on croyait être un séjour de courte durée. Le recteur et le consistoire, espérant accumuler les fonds nécessaires avant d’acheter une propriété ou de commencer toute construction, n’agirent pas assez rapidement et virent leurs efforts bloqués par la Grande Dépression. Apres cinq ans de réunions dans l’auditorium, la paroisse put enfin louer à titre temporaire une maison de ville au 114 East 76e rue qui allait servir de chapelle et lieu de réunion jusqu’en 1934, date du déménagement de la paroisse dans une église méthodiste non-occupée, au 229 East 61e rue. Cette église, quoique nécessitant des rénovations et dont le maintien coûtait cher, servit la paroisse pendant sept ans, jusqu’au moment où elle fut vendue par ses propriétaires pour être transformée en immeuble résidentiel.
L’apostolat du Dr. Maynard à Saint-Esprit dura 35 ans. En plus de son érudition pour l’étude de langues orientales, et ses efforts infatigables pour trouver un toit permanent pour la paroisse, il participa activement aux efforts de libération de la France durant la Deuxième Guerre Mondiale. Pendant les dernières années de son service, il fut assisté par le Dr. René Vaillant, d’origine lilloise, et professeur de français à New York University. Le Dr. Vaillant étudia la théologie à New York et fut ordonné par l’Evêque Horace W. B. Donegan. Lorsque le Dr. Maynard prit sa retraite, en 1956, à l’âge de 72 ans, le Dr. Vaillant lui succéda. René Vaillant fut recteur pendant 20 ans. Comme son prédécesseur, lui aussi était actif dans les affaires de la communauté française de New York. Il avait des façons charmantes et sa capacité de gagner les gens à sa cause devint presque légendaire. Cependant, les dernières années de son ministère furent une période difficile pour Saint-Esprit. Dr. Vaillant avait une soixantaine d’années lorsqu’il devint recteur. Tôt ou tard, il atteignit l’âge obligatoire de la retraite. Il suivit la coutume de contacter les églises protestantes de France et de Suisse afin de trouver un successeur. Cependant, les lois canoniques de l’époque concernant l’ordination de l’église épiscopale étaient devenues bien plus strictes. Il n’était plus possible pour un candidat d’être ordonné plus ou moins automatiquement et de devenir recteur de Saint-Esprit comme il avait été coutume au 19e siècle. Aucun candidat venant de France ou de Suisse n’était disposé à passer des années d’études dans un séminaire épiscopal, obligatoire pour une ordination. Pendant que la recherche continuait, la femme du Dr. Vaillant, Pauline, tomba gravement malade et il la fit transférer en Caroline du Nord pour la rapprocher de leur fils. En son absence, ce fut le Dr. Alphonse Chaurize qui s’occupa des messes. Après plusieurs années, l’Evêque de New York, le Dr. Paul Moore, décida qu’un successeur au Dr. Vaillant devait être choisi aussi rapidement que possible. Le consistoire fut réorganisé sous la direction de Théodore Whitmarsh, le nouveau gardien en chef de l’église. Les membres du clergé connaissant le monde francophone furent consultés. On suggéra le nom de Thomas Wile. Il était membre du clergé américain épiscopal et avait servi pendant plusieurs années auprès de la Cathédrale américaine de Paris. Il parlait français. A cette époque, il étudiait à New-York. Le consistoire l’appela, il accepta, et commenca son ministère en janvier 1977. M. Wile fut le premier recteur de Saint-Esprit n’étant pas né en Europe et, avec l’exception possible de Léon Pons, le premier à avoir été ordonné prêtre épiscopal avant d’avoir forgé des liens avec la paroisse. En 1978, l’Eglise Française du Saint-Esprit célébra son 350e anniversaire. L’Evêque Moore fit une visite officielle et présida à la célébration de la Sainte Communion. Un nombre de projets ravivait la vie paroissiale. Des améliorations ont été faites à l’intérieur de la chapelle. La liturgie du Livre de la Prière Commune, en français, est encore célébrée chaque dimanche matin. Des hymnes sont chantés en français, plusieurs d’entre eux chantés par les Huguenots de Saint-Esprit il y a plus de 300 ans. Les blasons de plusieurs des plus grandes familles huguenotes sont accrochés aux murs de la chapelle, rappel constant aux fidèles contemporains de leur héritage. Derrière l’autel, on trouve un vitrail représentant une croix huguenote ainsi que le sceau de la Société Huguenote. Les très beaux calice, patène, gobelet et fonts baptismaux en argent, donnés à la paroisse au début du 19e siècle, sont toujours utilisés pour les jours de grandes fêtes. La congrégation actuelle est composée de protestants français habitant toujours à New York, d’Américains adorant la langue française, et de paroissiens d’héritage huguenot trouvant important de célébrer dans l’église de leurs ancêtres. Une fois par an, le dimanche le plus rapproché du 15 avril, jour de la promulgation de l’Edit de Nantes de 1598, des descendants huguenots de partout à New York se réunissent avec la congrégation habituelle pour célébrer dans le style de leurs ancêtres, pour honorer la foi et le courage de ces derniers et pour chanter les hymnes chantés autrefois. La présence de ce peuple venant de tous les horizons est un témoignage vivant reconnaissant non seulement l’énorme contribution des réfugiés huguenots venus jusque sur ces rives mais aussi la longévité et le témoignage continus de leur église qui perpétue la foi de ses fondateurs. |