Dimanche de Pâques 12 avril 2009
Isaïe 25 :
6-9 Actes 10 : 34-43
Pour vous que la beauté séduit,
la cendre reluira comme le soleil.
Si de la célérité,
de la force et de l’aisance d’un corps sans entraves
vous jouissez, vous serez alors semblables aux anges de
Dieu.
Si vous vous
délectez de tout ce qui est pur, alors vous boirez au torrent
des délices de Dieu. Saint Anselme
La plupart des gens associent rarement l’idée de la
religion avec l’idée de la recherche de la beauté. On n’emploie pas très souvent les mots
« religion »
et « beauté » dans une même
phrase. De nos jours, nous avons
tendance à identifier la religion avec les concepts d’une moralité plutôt
rigide ou avec une doctrine toute faite.
Nous considérons la religion comme un système qui nous dicte ce que nous
sommes censés faire et ce que nous
sommes censés croire. Les fondamentalistes de n’importe quelle
religion se servent de la moralité et des dogmes pour lutter contre les
soi-disant dangers du sécularisme. De
telles personnes terrorisent ceux qui contrairement à eux n’épousent pas leurs
causes sociales, politiques ou personnelles. L’idée qu’une vie religieuse équivaut à la
poursuite de la beauté semblerait très étrange à ceux qui pensent que le but de
la religion peut être facilement atteint à travers des moyens politiques. Selon ces derniers, le jour de Pâques se
réduit au simple récit de la Résurrection auquel il faut adhérer en tous
points.
Pour
d’autres chrétiens – surtout à l’époque des premiers chrétiens ou durant
l’époque médiévale – la signification du Jour de Pâques va beaucoup plus
loin. Dieu ne nous a pas seulement donné
corps et esprit; il nous a aussi donné un cœur qui rêve de Lui. Pour ceux qui ont les yeux bien ouverts, le
jour de Pâques possède le pouvoir de faire revivre notre esprit et nos sens à
travers la puissance transformatrice de la beauté divine. La foi n’est pas un amalgame d’actions et de
pensées correctes. Elle est tout entière
dans l’envie et le désir. Ainsi que le
dit Saint Paul : « Quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous
les mystères et de toute la connaissance, quand j’aurais la foi la plus totale,
celle qui transporte les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens aux
affamés, quand je livrerais mon corps aux flammes, s’il me manque l’amour, je
n’y gagne rien. »
(I Corinthiens
13 :2-3) Les chrétiens
chantent un vieil hymne la veille du jour de Pâques pour nous appeler à nous éveiller
à la force de cet amour et au pouvoir de sa nostalgie. Une chose nouvelle est arrivée. Le prêtre ou le diacre chante : « Sonnez
Trompettes du Salut ! » La
trompette servait de réveille-matin et de cri de ralliement. Et le cri de ralliement du matin de Pâques est
ceci : Que tout ce qui était vieilli redevient neuf. Notre douleur et tout ce qui en nous était brisé
est maintenant guéri et nous sommes rendus à notre beauté originelle par la
résurrection du Christ d’entre les morts.
Nostalgie et désir trouvent leur accomplissement dans
l’amour que nous offrons à Dieu. Le
mal, le péché et la mort n’ont pas le dernier mot. Ce mot appartient au Christ lui-même.
« Salutations ! « dit-il à Marie dans le jardin, le
premier jour de la première semaine de la nouvelle création. « Ne crains
point. »
Nous avons tous envie d’un monde meilleur. Nous voudrions que nos âmes embellissent et
tiennent plus de la beauté du Dieu que nous recherchons.
Tant de choses concourent à nous empêcher de trouver
cette beauté dans notre vie. Nous sommes
submergés par la pauvreté, la maladie ou la dépression. Nous sommes accablés
par la cupidité ou la stupidité des autres.
Nous pleurons sur les occasions manquées, les années gâchées ou les
talents qui n’ont pas vu le jour. Nous
pleurons ceux que nous aimions et qui ne sont plus là. Mais pourtant au milieu de tout cela, nous
éprouvons de la nostalgie pour la beauté que nous pensons avoir perdu à
jamais. Le matin de Pâques nous rend
cette beauté. Elle revient vers nous à
travers nos expériences d’amour, avec toutes ses frustrations, déceptions et
tragédies. Par ses souffrances, sa mort
et sa résurrection, le Christ nous a montré qu’aucune expérience humaine ne lui
est étrangère. Nos souffrances, nos
tragédies, et même notre mort peuvent devenir belles à travers son amour.
Cette congrégation, par le corps du Christ ressuscité,
démontre dans ce signe que Dieu lui donne, l’intention de façonner à nouveau la société humaine.
L’amour, divin et humain, accomplit des merveilles parmi les souffrances
de l’existence humaine. A travers cet
amour nous sommes transfigurés en images miroitant l’image de Dieu. Le jour de Pâques nous fait devenir enfants
de Dieu et nous avons tous une ressemblance avec Celui au nom duquel nous
sommes baptisés. Ne craignez point. Le
Christ est ressuscité. Eprouvez de
l’envie pour Dieu, comme il en éprouve pour vous. Et puisse votre Jour de Pâques être empli de
joie et de beauté.
Le
Révérend Nigel Massey
Version française OL/PFP